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Scandaleux: Voila pourquoi l’Etat ne lutte (presque) pas contre le marché paralèlle

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Carton-rougeJe suis parfois tétu… et je n’arrivais pas à comprendre pourquoi notre discours contre le marché parallèle avait aussi peu d’écho chez nos élus, y compris les plus anti-tabac.

A force de tweeter, dialoguer sur twitter (@CyrilleGGR) ou ailleurs, je commence à comprendre pourquoi le manque à gagner des buralistes n’importe que peu nos dirigeants. Et même pourquoi nous somme seuls à lutter contre ce marché.

Tout le monde s’accorde à dire que ce marché hors réseau représente un quart de la consommation en France. Mais sur ces 25%, une petite partie seulement est de la contrefaçon. Je n’irai pas jusqu’a dire que c’est insignifiant, mais nos gouvernements ont souvent intéret à une certaine paix avec les organisations mafieuses.

Reste donc les 90% du marché parallèle qui vient de la contrebande.

Selon Wikipédia: La contrebande désigne le transport illégal de marchandises ou de personnes, en particulier au travers de frontières, ceci afin d’éviter de payer des taxes ou de faire entrer des produits interdits dans un pays ou, inversement, d’en faire sortir malgré l’interdiction (on parle alors d’évasion). Par extension, et comme il s’agit des mêmes réseaux, la contrebande peut concerner des personnes, soit pour leur permettre d’entrer dans un pays qui leur est fermé, soit pour leur permettre de sortir d’un pays qui leur interdit. Le plus souvent, les biens alimentent un marché noir tandis que les individus sont contraints au travail clandestin.

Ici se trouve le marché de dupe:

Les industriels, dans leur vision globale s’y retrouvent puisque les produits sortent au final de leur usine et si la filiale française se meurt avec ses emplois, la filiale luxembourgeoise s’enrichit avec au passage des avantages fiscaux. Ce raisonnement tient pour le marché parallèle légal qui consiste à organiser du tourisme fiscal chez nos voisins en revenant avec alcools et cigarettes. Je vous épargne la situation du buraliste français qui lui, ne gagne rien. Au final, tant que le marché est cantonné à l’intérieur de l’Europe, ici ou là, des taxes sont collectées dans un Etat membre de l’Union Européenne qui voit donc d’un oeil indifférent le marché parallèle.

Mais il y a une autre partie de ce marché parallèle qui est beaucoup plus cocasse et que personne ne met en avant: le marché des produits volés en France et remis sur le marché par des vendeurs à la sauvette ou même exportés vers d’autres pays. Pourquoi cocasse?

Parce qu’il faut savoir que en cas de vol du tabac chez le buralistes, chez le logisticien ou pendant le transport, les taxes sont quand même perçues et donc payées à l’Etat. Oui l’Etat collecte la taxe à la source et gagne donc autant d’argent sur un paquet de cigarettes de contrebande que sur un paquet vendu chez le buraliste s’il est issu d’un cambriolage ou d’un braquage par exemple. C’est aussi pour ça qu’on trouve du tabac français sur le marché parallèle d’autres pays dont la fiscalité serait plus faible… remonter la filière devient plus compliqué.

Lorsque le buraliste est braqué, l’assurance privée prend (si tout se passe bien) en charge le sinistre, y compris les taxes dues à l’Etat. Lorsqu’un camion de Logista ou d’un industriel est braqué, il en est de même car la taxe est perçue à la source. L’Etat est donc l’un des grands bénéficiaires de nos braquages  et autres cambriolages financés par les buralistes eux-même via leurs polices d’assurance!

Plus le tabac est cher, plus l’Etat et l’Europe perçoivent de taxes, plus il y a de cambriolages, plus ils s’en mettent  dans les poches.  L’Etat est donc l’un des grands gagnants du marché mafieux du tabac en plus de cette prétendue paix sociale achetée ici ou là comme à Barbes.

Je suis rassuré, nos politiques ne sont pas si bêtes que je pouvais le penser parfois, ils savent compter. C’est tout!

Ainsi donc, le buraliste est le seul à perdre à tous les coups lorsqu’un paquet de tabac n’est pas vendu dans le réseau officiel. Mais nos manipulateurs, pardon, nos gouvernants, veulent faire croire que nos discours sont pilotés par des industriels. Nous dénigrer le droit de penser, de réfléchir, d’avoir notre propre opinion et arriver à taxer le tabac d’origine mafieuse. Il n’y a pas à dire, la politique est un art. Mais attention, quand un gouvernant dénigre à son peuple le droit d’opinion en lui contestant même sa capacité à mener ses propres réflexions, la notion de privation de droits n’est pas loin.

 

Cyrille Geiger

Buraliste, citoyen.

 

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