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Luc Fournié: la peine maximale

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Le buraliste de Lavaur qui avait tué un de ses cambrioleurs en cherchant à le mettre en fuite vient d’être condamné par la cours d’appel de Toulouse à 10 ans de prison ferme.

10 ans alors que l’avocat général avait requis « cinq ans d’emprisonnement, en n’excluant pas l’octroi du sursis simple pour une partie, voire pour la totalité de la peine ». Il avait demandé aux jurés de retenir une peine « proportionnée, juste, équitable et socialement utile » en écartant la légitime défense.

Les jurés sont donc allé beaucoup plus loin en augmentant la condamnation de 1ere instance.

La peine maximale est celle de Luc Fournié quand il s’adresse à la mère du cambrioleur qu’il a tué: « Madame, depuis le 14 décembre 2009, il n’y a pas un seul jour sans que je pense à votre souffrance  (…) Je n’ai jamais voulu tuer votre fils. Pardon, madame, pardon »,

La peine maximale est aussi celle choisie par des jurés, préférant retenir des éléments de meurtre plutôt que tous les éléments du dossier relevant la peur, le sentiment d’abandon et l’instinct de survie de Luc Fournié. Une peine maximale qui se voudrai une peine « exemplaire » pour dire aux français de ne pas se défendre lorsque leurs droits sont bafoués par des délinquants qui n’ont plus de limites dans leurs faits et gestes. Les jurés n’ont pas considéré un instant ce que représentait Luc Fournié, à savoir un commerçant qui travaillait pour rendre service aux autres et nullement un danger pour ses concitoyens si l’on avait choisi une peine avec sursis.

La peine maximale des 25000 buralistes qui sont sonnés depuis que le verdict est tombé. Quel buraliste n’a pas déjà cherché à joindre des services de Police ou de Gendarmerie débordés pour gérer nos « petits problèmes du quotidien »?

La peine maximale d’un peuple qui ne comprend légitimement pas qu’on puisse avoir la main aussi lourde pour sanctionner un acte désespéré qui n’est à l’évidence pas celui d’un criminel. Comment ne pas rapprocher les condamnations de Jacqueline Sauvage devenue un symbole des victimes de violences conjugales et Luc Fournié, devenu le symbole des victimes de ces délinquants jamais condamnés à la hauteur des vies qu’ils traumatisent par leurs actes.

Je veux ici témoigner de mon affectueuse amitié à Luc Fournier et de mon inconditionnel soutien à lui et sa famille. Je veux aussi témoigner du mouvement sans précédent de soutien à Luc Fournier depuis son premier procès.

Si les commerçants de proximité n’ont pas le droit de se faire justice eux mêmes, ils peuvent légitimement demander à bénéficier d’une justice plus dure et dissuasive à l’encontre de ceux qui nous agressent, volent ou plus encore.

Parce que ce verdict oublie simplement qu’a l’origine de ce drame, il y a eu des personnes qui ont voulu attenter aux biens et à la sécurité d’une personne et de sa famille avec préméditation et récidive. Sans tentatives d’effractions à répétition, sans intrusion dans les locaux du commerce de Luc Fournier, ce drame ne serait jamais arrivé.

L’avocat de Luc Fournié, Maitre Catala, à déclaré son intention de se pourvoir en cassation.

Oui, ce matin, notre peine est maximale.

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