Et l’on reparle-enfin- d’aménagement du territoire.

25 novembre 2014

5/ Revue de presse

Le Monde du Tabac est revenu hier sur une déclaration de Christian Eckert devant le Sénat pour proposer de rejeter un nouvel amendement anti-tabac.

S’il est toujours intéressant de noter que le Secrétaire d’Etat a fait plusieurs fois référence à la grogne montante des buralistes, il faut noter aussi une certaine distance prise avec le projet de Marisol Touraine et un certain pragmatisme concernant l’équilibre économique du réseau.

Le mot diversification ne peut avoir du sens que si l’État joue pleinement son rôle en proposant comme promis depuis le 1er contrat d’Avenir, de nouvelles activités à valeur ajoutée aux buralistes.

Car, au delà du marché parallèle, les buralistes voient la plupart des produits vendus un prix de vente fixe et un prix d’achat non négociable. Si c’est vrai pour les produits du monopole, c’est aussi vrai pour les nouveaux services comme la téléphonie, la monétique ou même le timbre poste qui est -rappelons le – sorti du monopole.

Face à ces marges non négociables, il y a aussi eu une envolée spectaculaires des charges fixes de l’entrepreneur: impôts et taxes au premier rang, mais aussi charges sociales, loyer, électricité etc…

Si tant de buralistes ferment, c’est simplement que dans le compte de résultat, les charges fixes ont tellement progressé, qu’elles ont dépassé les revenus qui n’ont cessé de se tasser. La rentabilité d’une entreprise se chiffre bien souvent à 3 ou 4% de bénéfice. Déstabiliser un point de vente de 3 ou 4% peut donc suffire à l’entrainer dans la spirale infernale qui conduit le plus souvent à la cessation d’activité.

C’est aussi pour ça que nous nous battons contre les ouvertures sauvages de points de ventes des entreprises dans lesquelles l’Etat joue un rôle majeur: je parle bien sur du PMU et de la Française des jeux. J’y reviendrai dans un prochain billet.

Christian Eckert: « J’ajoute, pour que votre information soit complète, que nous avons un contrat d’avenir avec le réseau des buralistes qui nous conduit à accompagner les mutations d’une profession qui se diversifie, et c’est heureux. Cela permet à ces buralistes, entre les jeux et autres activités à l’instar du Compte-Nickel qu’ils sont en train de promouvoir, de trouver d’autres ressources leur permettant de conserver un socle suffisant d’activités pour la pérennité de commerces utiles dans le cadre de l’aménagement du territoire et de la présence, notamment, en zones rurales.« 

L’État gestionnaire et les collectivités locales doivent effectivement faire en sorte de nous permettre de non pas conserver mais retrouver un socle suffisant d’activité pour la pérennité de commerces utiles à l’aménagement du territoire. Se pose ainsi la question de la relation des buralistes franciliens avec le STIF (Syndicat des Transports d’Ile de France) qui ferme tous ses guichets mais continue de refuser de dialoguer avec ses distributeurs obligés… et là aussi, j’aurai l’occasion d’y revenir.

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À propos de Cyrille Geiger

Cyrille Geiger, 42ans, buraliste à Paris depuis 10 ans. Président des buralistes de Paris Nord. Administrateur de la Confédération Nationale des Buralistes. Président de la commission téléphonie et produits dématérialisés de la confédération. J'assume ma liberté de ton. Ce blog reflète mes points de vue et n'engage que moi. Il ne traite pas de politique ni de santé. Je défends avec mes mots les intérêts économiques et sociaux de ma profession.

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