Plan de sauvegarde d’urgence pour les buralistes

Plan de sauvegarde d’urgence pour les buralistes

imageAssommés!

Le projet de loi Touraine est passé à l’assemblée nationale avec en moyenne une trentaine de députés présents dans l’hémicycle. Le projet est passé et il a même été sournoisement et lourdement amendé avec, en plus du paquet neutre, l’interdiction des cigarettes à billes, l’obligation de présenter une pièce d’identité pour TOUS les acheteurs ou une augmentation de la fiscalité sur la filière, sans compter une promesse d’augmentation des prix.

Ce projet va certes passer devant le Sénat en juin avant de revenir à l’Assemblée, mais dans le cadre d’une procédure rapide qui prive le parlement d’un dialogue sur la loi santé.

Si tous ces amendements sont confirmés dans les prochains échéances, il conviendra de poser des questions à notre ministre de tutelle. Je pense en particulier à l’extension de l’IFA (Indemnité de Fin d’Activité) à l’ensemble des buralistes qui en feraient la demande. L’État ne pourra pas se dédouaner de la fragilisation économique de notre réseau alors qu’il nous a confié la distribution du tabac et que les modèles économiques de nos investissements et de nos endettements était basé sur un volume d’affaire plus ou mois stable.

L’État ne pourra pas se dédouaner non plus du fait que certains d’entre nous ne voudrons plus travailler dans ce musée des horreurs avec les risques professionnels liés à la difficulté d’identification  des produits et à l’explosion attendue du marché noir qui est issu en partie, des produits récupérés pendant nos braquages.

La majorité ne veut plus de l’argent du tabac dans les caisses de l’État et assume de priver un pays en crise de sa troisième ressource fiscale. J’en prend acte. Cette majorité doit assumer que lorsqu’on licencie pour un motif discrétionnaire, on indemnise et on compense.

En attendant, j’en appelle solennellement à notre ministre de tutelle, monsieur Christian Eckert, pour ordonner immédiatement le gel des ouvertures éventuelles des points de ventes. J’en appelle aussi l’ensemble des élus syndicaux qui seraient sollicités dans ce cadre, à donner un avis défavorable à toutes les ouvertures proposées par les douanes qu’elles que soient les raisons: Création pure ou suite à une fermeture. Il ne me semble plus possible de soutenir des ouvertures demandées par notre administration de tutelle alors que nous avons des incertitudes majeures sur l’avenir de notre réseau.

Je demande à l’État d’intervenir pour que la FDJ gèle son processus d’ouvertures de nouveaux points de ventes en dehors du réseau. Je demande à l’État d’arrêter tous les processus de dématérialisation qui visent à contourner le réseau des buralistes (timbres fiscaux en tête…). Je demande aussi un véritable status fiscal et social spécifique aux buralistes avec une mise à plat du système de cotisation au RSI.

Je demande à l’État de légiférer pour élargir le périmètre d’activités du buraliste dans son contrat de gérance pour qu’aucune diversification (promise depuis 10 ans par ailleurs) ne puisse être opposable par un bailleur commercial.

J’entends des propositions venant de certains députés de la majorité, qui envisagent d ‘augmenter la rémunération des buralistes sur chaque paquet vendu. Nous verrons ce qu’il en sera lors de l’examen du budget à la rentrée. Nous avons étés bien trop enfumés depuis un an… pour rester poli.

Il faudra aussi tenir compte des commerçants en difficulté et surtout, ne pas nous promettre de mettre en place une commission qui réfléchira sur l’avenir de notre réseau.

Enfin, face aux attaques outrancières que nous subissons, je souhaite que notre profession dépose plainte lorsque ces attaques sont diffamatoires. Monsieur le Professeur Dautzenberg n’a pas le droit de me comparer, de nous comparer, à Marc Dutroux, meurtrier, violeur récidiviste d’enfants condamné.

Je vais certainement faire plaisir à mesdames Delaunay et Touraine ainsi qu’a messieurs Valls, Hollande, Véran et Touraine: aucune de mes demandes ne va contre la mascarade du spectacle donné sur le dos d’une prétendue politique de santé publique dont même les protagonistes s’accordent à dire qu’elle sera relativement inefficace. . Toutes mes demandes visent à préserver l’emploi et le lien social. Toutes mes demandes visent à compenser les décisions politiciennes qui vont impacter durablement notre façon de travailler. Toutes mes demandes visent à soutenir les collègues en difficultés mis à terre par des extrémistes irresponsables.

Au delà des contrats d’avenir en cours et à venir qui devront intégrer le coût social de la loi santé dans nos commerces, nous demandons un contrat de confiance avec l’État dont nous sommes les préposés-dépositaires.

NB: Je ne publie pas les commentaires, mais les lis tous avec beaucoup d’attention. Merci aux buralistes qui apportent leurs contributions.

Mise à jour: de nombreux présidents départementaux montent au créneau pour réclamer ce nouveau contrat d’avenir. Ils relaient un terrain particulièrement remonté qui ne veut plus entendre parler de « politiquement correct » alors que nous sommes les dindons d’une farce particulièrement indigeste. La promesse du Député Barbier d’augmenter notre rémunération au moment ou la majorité nous mène dans la mur est vécue comme une tartuferie. 

Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent.

Le conseil d’administration de notre confédération qui est prévu cette semaine s’annonce des plus tendus.

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Auteur :Cyrille Geiger

Cyrille Geiger, 44ans, buraliste à Paris depuis 2005. Observateur impliqué toujours à la recherche de nouvelles idées pour dynamiser mon point de vente. Consultant en commerce de proximité. Ce blog reflète mes points de vue et n'engage que moi. Il ne traite pas de politique ni de santé. Je défends avec mes mots les intérêts économiques et sociaux de ma profession.

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