Entrepreneur-buraliste en 2016: arretez le bashing!

Entrepreneur-buraliste en 2016: arretez le bashing!

Après quelques jours de repos me revoilà… Jamais complètement déconnecté de mon entreprise j’ai bien sur suivi la suite des attaques en règle contre les buralistes avec la promotion du fameux paquet à 10 euros.

On notera l’excellente orchestration de la ministre de la santé depuis son arrivée au pouvoir: Vote d’une version « hard » de la future directive européenne tabac puis, sans avoir testé ce paquet TPD2, mise en place du paquet neutre et de l’interdiction de toute forme de publicité et enfin, sans avoir encore testé ni la directive européenne ni sa propre loi, mise en avant d’une explosion de la fiscalité sur les produits du tabac. Bien entendu, elle continue un amalgame savant entre l’évolution des ventes du réseau et la consommation en n’abordant jamais le marché transfrontalier avec la complaisance entendue des journalistes bien pensant.

Ce weekend, j’ai eu quelques échanges virulents sur Twitter (@cyrilleggr) avec Michèle Delaunay et son cher assistant parlementaire. Sujet de la discutions: Est ce qu’un « gros « buraliste n’est pas aussi un très petit entrepreneur? Je vous l’affirme: OUI

J’ai un gros point de vente et ne m’en suis jamais caché. Mais remettons les choses à leurs places: 5 employés, même classé dans le top 50 des buralistes du JDD, ça ne fait pas d’un gros buraliste un nanti qui vit au crochet de la société comme le font les membres de la caste politique qui nous pourrissent la vie. Inutile de me rabâcher les milliards d’aides aux buralistes: on cumule 10 ans de subventions sécurité, d’aides à la fermeture des frontaliers et je ne sais quoi d’autres pour nous sortir des milliards du chapeau avec la bienveillance d’un rapport de la cours des comptes qui est composée des meilleurs de cette caste d’énarques qui n’a jamais mis les pieds dans une petite entreprise.

Quel est le coût réel de la représentation nationale ou européenne? Quel est le taux d’absentéisme de cette caste donneuse de leçons sur les bancs des assemblées? Non le coût du buraliste ne se calcule pas en morts comme les ayatollahs subventionnés veulent bien le dire. Le coût du buraliste c’est ce qu’il rapporte moins ce qu’on lui donne pour effectuer une mission pour le compte de l’État. Et croyez moi, un buraliste, c’est productif.

Le coût sanitaire du tabac? Incontestable. Mais ce n’est pas le coût du buraliste. C’est le coût de décennies passées à faire de la santé spectacle plutôt que d’investir dans l’éducation et la prévention dans les collèges et lycées. Chaque élu vit et se nourri de ces taxes qui sont la 4eme rentrée fiscale de l’État. Le groupe Boloré qui aime a tacler les buralistes dans les médias qu’il dirige comme Europe 1 ou le JDD, est lui même propriétaire des plus gros bureaux de tabac de France avec les magasins Relay implantés dans des zones de trafic massif ou les buralistes n’ont pas le droit d’exercer: Gares, halls d’expositions, aéroports…

Non monsieur JDD, votre Top 50 n’est pas un classement de gens démesurément riches. Ce classement ne reflète pas le revenu de ces buralistes mais leur capacité à engranger des recettes fiscales et à créer de l’emploi. La remise tabac n’est pas le salaire du dirigeant… c’est une partie de ses recettes qui servent à rembourser des crédits, à payer les salaires et des charges chaque jours plus assommantes posées depuis des décennies par la caste politique comme une chape sur la tête des Très Petits Entrepreneurs. Oui, même les plus gros buralistes restent des Très Petits Entrepreneurs, loin des yachts, voitures de luxe et villas de milliardaires. Moi, buraliste de votre Top 50, je n’ai pas les moyens de me payer un empire médiatique (par ailleurs en partie financé par la vente du tabac) , ni même une villa avec piscine sur la côte d’azur.

Alors ces gens d’en haut nous expliquent qu’il faut que nous  nous adaptions. Certes. Mais comment?

Quelle entreprise peut investir pour se moderniser et évoluer lorsque les règles changent plusieurs fois par an? Quel banquier peut suivre un projet alors que ces ayatollahs passent leur temps à vendre la mort des buralistes dans les médias?

Nous moderniser et évoluer, ok… mais avec de la visibilité réelle et sérieuse. Avec des règles marquées dans le marbre pour au moins 7 ans. 7 ans n’est pas un chiffre du hasard. C’est le chiffre bien connu des entrepreneurs pour financer et amortir des travaux ou une acquisition.

Cette règle n’est pas valable que pour les buralistes, mais pour tous les entrepreneurs. Le bashing organisé depuis l’arrivée de Marisol Touraine à la santé est profondément nuisible à la transformation du réseau des buralistes. Le prochain contrat d’avenir entre L’État et les buralistes doit couvrir une période de 7 ans pour que nous puissions envisager sereinement la transmission de nos entreprises comme leur adaptation à de nouvelles règles.

Ce contrat d’avenir doit avant tout être un contrat de stabilité et de visibilité. Il doit permettre a tous les buralistes qui veulent sortir de la profession de le faire la tête haute et sans perdre tout ce qu’ils ont investi dans une entreprise en pensant que les règles ne seraient pas bousculées à ce point.

Une sortie digne pour ceux qui le souhaitent et des moyens réels pour que ceux qui veulent et peuvent continuer aient les moyens de transformer leurs commerces. Voilà une vraie feuille de route pour le contrat d’avenir. Une feuille de route pour ne pas assassiner 25000 entrepreneurs, leurs familles et leurs employés qui ont donné tant de temps pour collecter tous ces milliards pour le compte de L’État. Car les buralistes n’ont jamais fait la politique de santé publique de l’État. Ils ne font qu’être un intermédiaire pour vendre ce produit dont la distribution es un monopôle de l’État, de nos dirigeants, de nos ministres et de nos élus.

Je le dis sincèrement, cela fait 2 ans que je participe à une interminable montée en puissance de l’action syndicale. Je souhaite maintenant passer à une montée en puissance de mon investissement d’entrepreneur. Parce qu’une entreprise performante sera certainement plus rentable pour le petit commerçant et pour l’État qu’une entreprise qui fait des battements d’aile pour essayer d’être comprise par des gens qui ne savent pas a quoi ressemble la vie d’une TPE en dehors des périodes électorales…. Oui les politiques nous comprennent…jusqu’au moment ou ils sont élus… et là, c’est nous qui devons les comprendre… la crise, la conjoncture, l’Europe, la mondialisation et cette fameuse marmotte qui met le chocolat dans le papier alu… Que l’État nous donne juste les moyens de nous adapter à SES nouvelles règles et qu’ils nous fiche la paix. Que l’État nous laisse vivre dignement notre vie d’entrepreneurs. Que l’État arrête d’organiser ce nivellement par le bas de notre Société.

Vous… Monsieur le Président normal… on vous demande juste le droit d’entreprendre dignement… pas besoin de nous emmener des croissants en scooter… Pas besoin de vous écrire un livre pour ces excellents moments passés; Juste besoin que vous soyez un peu plus stable que la girouette du clocher pour pouvoir vivre normalement de notre travail.

Cyrille Geiger

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Auteur :Cyrille Geiger

Cyrille Geiger, 44ans, buraliste à Paris depuis 2005. Observateur impliqué toujours à la recherche de nouvelles idées pour dynamiser mon point de vente. Ce blog reflète mes points de vue et n'engage que moi. Il ne traite pas de politique ni de santé. Je défends avec mes mots les intérêts économiques et sociaux de ma profession.

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